Conduire après une opération du LCA : quand et comment reprendre ?

Quand peut-on conduire après une opération du LCA ? Délais réalistes, genou droit ou gauche, sécurité, assurance et conseils concrets après une ligamentoplastie.

APRÈS L’OPÉRATION

Amal Nozières

9/2/20253 min read

Personne seule au volant, mains sur le genou, reprise de la conduite après un LCA
Personne seule au volant, mains sur le genou, reprise de la conduite après un LCA

La réponse courte (celle que tout le monde cherche)

👉 On ne conduit pas tant que le genou n’est pas fonctionnel.

En pratique :

Pas de conduite si :

  • tu utilises encore des béquilles

  • la douleur est importante

  • tu prends des antalgiques forts (somnolence, baisse de vigilance)

La conduite redevient possible :

  • en général entre 2 et 6 semaines après l’opération

  • selon ton genou, pas selon un chiffre magique

Il n’existe aucun délai universel.
Deux personnes opérées le même jour peuvent reprendre la conduite à des moments très différents, sans que l’une récupère “mieux” que l’autre.

Genou opéré : droit ou gauche, ça change tout

Si le genou opéré est le genou droit

C’est clairement le cas le plus contraignant.

Pourquoi ?
Parce que le genou droit est directement impliqué dans :

  • le freinage

  • les réactions d’urgence

  • le contrôle précis de la pédale

👉 En pratique :

  • la reprise est rarement possible avant 4 semaines

  • parfois plus si la douleur ou le contrôle musculaire ne sont pas encore fiables

Même si tu arrives à “appuyer”, la vraie question est simple :
est-ce que tu peux freiner fort et vite, sans hésitation ?

Si le genou opéré est le genou gauche

La situation est souvent plus simple… mais pas automatique.

  • Boîte automatique : reprise parfois plus précoce

  • Boîte manuelle : attention à l’embrayage et aux mouvements répétés

Là encore, ce n’est pas le calendrier qui décide, mais ta capacité réelle à conduire sans appréhension.

Les vrais critères pour savoir si tu peux conduire

Plus importants que le nombre de semaines, voici les vrais indicateurs :

  • tu peux plier et tendre le genou sans douleur significative

  • tu peux appuyer fort, sans retenue

  • tu peux réagir rapidement, sans temps de latence

  • tu ne prends plus de médicaments qui altèrent la vigilance

Un test simple, sans conduire :
👉 assis dans la voiture, moteur éteint, simule un freinage d’urgence.

Même si le muscle est là, il peut persister une inhibition :
le cerveau “freine” encore le mouvement pour se protéger.
Résultat : tu penses pouvoir appuyer… mais au moment critique, la réponse n’est pas immédiate.

Si tu hésites, ton corps hésitera aussi — et sur la route, ce n’est pas anodin.

Et l’assurance dans tout ça ?

C’est une inquiétude fréquente. Et elle est légitime.

  • Il n’existe pas de certificat obligatoire pour reprendre la conduite

  • Mais en cas d’accident, si une incapacité fonctionnelle est connue, la responsabilité peut être engagée

En clair :
personne ne viendra te contrôler.
Mais ta sécurité (et celle des autres) repose entièrement sur ta capacité réelle à conduire.

Mon conseil personnel

Quand j’ai repris la conduite après mon LCA (jambe droite), je n’ai pas commencé par :

  • un long trajet

  • une heure de pointe

  • ou une situation stressante

J’ai fait l’inverse.

Un tout premier test, très court, en bas de la rue.
Puis un trajet connu, pour aller au kiné.
Sans pression, en prenant énormément de marge au départ.

Et surtout, je me suis autorisée à faire demi-tour si je ne le sentais pas.

Ce n’est pas un échec.
C’est juste écouter son corps au bon moment.

Et si tu ne peux pas encore conduire ?

Ne pas pouvoir conduire quand on en a besoin, c’est lourd.
On dépend des autres, on anticipe tout, on a parfois l’impression que la vie avance sans nous.

Et pourtant, dans un parcours LCA, c’est extrêmement courant.

Ce n’est pas un signe que la récupération se passe mal.
Ce n’est pas un échec.
C’est simplement une étape.

Ce qui aide vraiment, c’est de le savoir à l’avance.
De comprendre que ce moment est transitoire, même s’il est pénible à vivre.

Reprendre la conduite trop tôt pour “aller plus vite” ne fait souvent gagner qu’une chose : de l’anxiété.
Reprendre quand on est prêt change complètement la suite.

Ce que personne ne te dit sur le post-op LCA

La difficulté n’est pas seulement physique.

Il y a aussi :

  • la fatigue mentale

  • l’impatience

  • la peur de mal faire

  • la comparaison avec “ceux qui récupèrent plus vite”

👉 Être informé change tout.
Quand on comprend ce qui est normal, on traverse la récupération avec beaucoup plus de sérénité.

Pour aller plus loin

J’ai regroupé dans Le Guide LCA tout ce que j’aurais aimé savoir :

  • avant l’opération

  • juste après

  • et pendant la rééducation

Avec des repères clairs, des explications simples, et surtout une chose essentielle :
la certitude que ce que tu traverses est normal.

👉 Découvrir le Guide LCA

À lire aussi

La conduite n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Dans les semaines qui suivent une opération du LCA, beaucoup de questions du quotidien reviennent :
est-ce normal ? est-ce trop tôt ? est-ce que je fais bien ?

Si tu veux continuer à avancer avec des repères clairs, tu peux aussi lire :

Ces situations sont différentes, mais la logique est la même :
reprendre confiance, étape par étape, sans brûler les étapes.