Test du tiroir du genou : à quoi ça sert vraiment ?

Test du tiroir, test de laxité, test Telos : à quoi servent-ils vraiment ? Différences, timing et erreurs à éviter après une rupture du LCA.

COMPRENDRE LA BLESSURE

Amal Nozières

3/5/20255 min read

Examen clinique du genou par un médecin lors du diagnostic d’une rupture du LCA
Examen clinique du genou par un médecin lors du diagnostic d’une rupture du LCA

Lors de la première consultation après une blessure au genou, des fois au pieds des pistes comme dans mon cas, le médecin pose ses mains, fléchit légèrement la jambe, puis effectue un geste simple: il tire doucement.

Ce geste, c’est le test du tiroir.
Il est souvent rapide, discret et, dans l’immense majorité des cas, indolore.

Pourtant, beaucoup de patients associent ce test à un souvenir beaucoup plus difficile, parfois très douloureux.
Cette confusion est fréquente, mais elle repose sur un amalgame entre deux examens très différents : le test du tiroir et le test de laxité, notamment lorsqu’il est réalisé avec une machine comme le Telos.

Il est important de bien les distinguer, car leur objectif, leur timing et leur vécu n’ont rien à voir. Je vais vous raconter mon vécu pour que vous soyez maître de vos examens et savoir respecter l'état de votre genou.

Le test du tiroir : un test de diagnostic, simple et indolore

Le test du tiroir (test de Lachman) est un examen clinique de base.
Il permet d’évaluer si le tibia avance anormalement par rapport au fémur, ce qui peut indiquer une rupture du ligament croisé antérieur (LCA).

Ce test est :

  • réalisé en douceur

  • indolore dans la grande majorité des cas

  • possible très tôt après l’accident

  • utilisé pour poser le diagnostic clinique

Son rôle est clair : déterminer s’il existe probablement une rupture du LCA.
Dans ce contexte, l’IRM ne remplace pas le test du tiroir : elle vient le confirmer.

Mon expérience juste après l’accident : le bon usage du test du tiroir

Lors de ma première consultation, juste après mon accident de ski, le médecin au pied des pistes a réalisé le test du tiroir.
Il a tiré légèrement, sans forcer, simplement pour vérifier la stabilité du genou.

Je n’ai pas eu mal.
Le geste était maîtrisé, clair et rassurant.

Ce test a permis de poser rapidement le diagnostic, puis l’IRM est venue le confirmer.
À ce moment-là, le test du tiroir avait parfaitement rempli son rôle : diagnostiquer simplement, sans faire souffrir.

Le test de laxité : un examen différent, pour une autre décision

Le test de laxité n’est pas le test du tiroir.
Il ne sert pas à dire s’il y a une rupture, mais à évaluer jusqu’à quel point le genou est instable.

Son objectif est de :

  • quantifier l’instabilité

  • comparer avec l’autre genou

  • aider à la décision opératoire

  • préciser s’il s’agit plutôt d’une rupture partielle ou totale

Ce test peut être réalisé manuellement, de manière appuyée, ou à l’aide d’une machine spécifique : le Telos.

Le test Telos : précis, mais absolument pas urgent

Le test Telos est un test de laxité par une machine Telos.
La machine applique une traction progressive et mesurée, exprimée en newtons, afin de mesurer objectivement jusqu’où le tibia peut se déplacer par rapport au fémur.

Dans mon cas, le test a été réalisé avec une traction allant jusqu’à 24 newtons, ainsi qu’une autre mesure comparative dont je ne me rappelle plus précisément.
Sur le papier, tout est très normé, très encadré, et présenté comme objectif.

Mais ce que l’on dit beaucoup moins clairement, c’est quand ce test doit être réalisé.

Pourquoi le test Telos ne doit pas être fait trop tôt

Le test Telos n’est pas un examen d’urgence.
Il n’a aucun intérêt immédiat lorsque le genou est encore en phase aiguë après l’accident. Même si vous avez très envie de savoir, je vous conseille de patienter.

Lorsque le genou est :

  • hématomé

  • inflammé

  • hypersensible

  • en défense musculaire

le test peut devenir extrêmement douloureux, sans apporter d’information réellement exploitable.

Dans mon cas, la douleur était déjà présente dès le début de la traction.
Alors, quand la machine continuait à augmenter la force pour atteindre les valeurs prévues par le protocole. Je n'avais que mes yeux pour pleurer. Le 24Newton me semblait tellement loin.
Je me suis levée de la table avec une douleur intense qui s'est prolongée sur les jours suivants. Une vraie régression dans mon cas.

Ce n’était ni un manque de courage, ni une faible tolérance à la douleur.
C’était simplement un test réalisé trop tôt, sur un genou qui n’avait pas encore récupéré. Je regrette que le médecin qui avait prescrit le test ne m'a pas informé. J'ai posé la question et il m'a dit que le test est indolore. Alors ici je vous informe que le test est indolore quand fait sur un genou rétabli pas avant.

À quoi sert vraiment le test Telos… au bon moment

Le test Telos a du sens :

  • lorsque la phase aiguë est passée

  • quand l’inflammation et l’hématome ont diminué

  • lorsque la mobilité est revenue

  • avant de décider s’il faut se faire opérer ou non

Son rôle n’est pas de poser le diagnostic — le test du tiroir et l’IRM s’en chargent très bien — mais de :

  • quantifier l’instabilité

  • comparer avec l’autre genou

  • éclairer la réflexion thérapeutique

Fait trop tôt, il fait mal et brouille les pistes.
Fait au bon moment, il peut être utile à la décision.

Ce que personne ne dit clairement

  • Le test du tiroir est un test de diagnostic, généralement indolore

  • L’IRM confirme le diagnostic

  • Le test de laxité, notamment le Telos, est un examen plus poussé

  • Le test Telos n’est pas urgent

  • Une douleur intense pendant ce test ne signifie pas que le genou est “plus abîmé”

  • La décision d’opérer repose toujours sur un ensemble d’éléments, jamais sur un seul test

Ce qu’il faut retenir

Le test du tiroir permet de poser un diagnostic simplement et sans douleur.
Le test de laxité, et en particulier le test Telos, sert à évaluer l’instabilité, mais doit être réalisé au bon moment.
Réalisé trop tôt après l’accident, il peut être inutilement douloureux et peu informatif.
Aucun test, aussi précis soit-il, ne décide seul d’une opération.

Et maintenant ?

Si tu as mal vécu un test de laxité, ce n’est pas une faiblesse.
C’est souvent le signe que le timing n’était pas le bon, et que l’examen n’était pas adapté à l’état de ton genou.

Je suis passée par là.

J’ai créé le Guide LCA pour expliquer, étape par étape, ce qui arrive au genou, au corps… et à la tête, afin de reprendre de la clarté et du contrôle dans un parcours souvent déroutant.

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